Ce que faisait ma grand-mère à moitié nue sur le bureau du Général | Christophe Donner
- Date de publication: 11/01/2023
- Editeur: Grasset
- Auteur: Christophe Donner
Résumé
Trois histoires sont racontés en parallèles, celle de le Dr Henri Gosset, (arrière-grand-père de l’auteur), celle de Léon Daudet et son fils Philippe (dont Henri Gosset fut le médecin), et la relation Pétain/De Gaulle. Trois histoires oedipiennes où des fils tuent des pères.
Histoire Pétain/De Gaulle
De Gaulle se fait capturer par les Allemands en 1916 et Pétain prononce son éloge funèbre le croyant mort.
« De fait, on ne sait toujours rien sur les conditions exactes dans lesquelles le capitaine de Gaulle fut capturé par les Allemands. » p.13
En 1925, De Gaulle rédige des notes pour Pétain. Ce dernier n’a plus qu’une idée en tête : entrer à l’Académie. Pour cela il est obligé d’écrire un livre mais il n’aime pas écrire. Il demande donc à de Gaulle de lui en rédiger un.
Mais Pétain n’aime pas le dernier chapitre du livre et demande que de Gaulle le retravaille. Ce dernier refuse et Pétain demande à un autre militaire une réécriture. Mais de Gaulle se fâche et Pétain bat en retraite. Il range le manuscrit dans un tiroir et fait écrire un autre livre La bataille de Verdun.
Histoire Léon et Philippe Daudet
Léon Daudet, le fondateur de L’Action Française, leader charismatique de l’extrême droite, royaliste, antisémite, antidreyfusard incorrigible, élu député de Paris, n’est jamais devenu le Mussolini, le Franco, le Hitler qu’il ambitionnait de devenir. Il raconte comment c’est le fils de Léon Daudet, Philippe, alors âgé de 14 ans, qui va briser cette ambition. Au terme d’une fugue des plus insensée, l’adolescent décide d’aller assassiner son père Léon Daudet en criant Vive l’anarchie ! Armé d’un revolver, il renonce en chemin et se tire une balle dans la tête. Mais par ce geste sidérant, sacrificiel, Philippe aurait sauvé les Français d’un fascisme européen qui, au milieu des années 20, n’aurait rien eu à envier à celui de ses voisins.
L’oeuvre de Léon Daudet n’est qu’une « succession de cabales interminables, de procès en appel, de duels de crapuleries interminables, c’est un tissu ou plutôt un écheveau informe de calomnie, de chantages, d’escroqueries, d’incitations au meutre, à la guerre et aux pogroms. Il faudrait pouvoir surmonter son écoeurement pour établir la liste des innocents qu’il a accusés d’espionnage, de trahison » (p. 84)
Certaines de ses proies sont mortes suicidées ou assassinées à la suite de ses campagnes de diffamation, à commencer par Jaurès en passant par Raoul Gunsbourg directeur de l’opéra de Monaco (sa fille a été passer à tabac à l’école puis en est morte) puis Joeph Dumas (chef des RG qui s’est suicidée).
Léon Daudet, c’est l’homme au 17 duels et aux 106 procès.
Son fils Philippe a fait sa première fugue à 11 ans.
Le 22 janvier 1923, Germaine Berton se rend au siège de l’action Française pour tuer Léon Daudet. Absent, elle tombre sur Marisu Plateau le secrétaire général des Camelots du roi qu’elle tue par défaut.
Après un énième fugue, Philippe Daudet se suicide dans un taxi parisien. Pendant sa fugue il se rend au journal anarchiste Le Libertaire et rencontre son directeur Georges Vidal. Il le supplie de lui donner des armes pour commetre un attentat contre l’action Française. Finalement il va travailler quelques jours pour le journal. Léon Daudet essaie de cacher le suicide mais un journal anarchiste révèle la nouvelle. Jusqu’à la fin de sa vie, Léon Daudet prétendra que son fils a été tué (par des anarchistes, par la police etc.)
« La mort de Philippe occupe la première page de L’action française pendant quinze jours reléguant les questions de politique nationale, internationale et économique en pages intérieures. L’arrestation d’Hitler, les élections en Angleterre, le vote d’une nouvelle loi à l’Assemblée ». p.169
« Une chose est certaine : en se suicidant, Philippe a rendu impossible l’accession de son père au pouvoir. » p.199
Le chauffeur de taxi attaque Léon Daudet en diffamation. Il gagne le procès et Léon Daudet est condamné à de la prison ferme. Il refuse d’yaller et se barricade dans les locaux de son journal espérant déclencher une guerre civile qui n’arrivera jamais. Mais le soutien populaire manque et au bout de quatre jours il finit par se rendre. L’action française ne va pas le laisser tomber et le fait évader qu’il justifie par une tentative d’empoisonement. Léon doit fuir en Belgique.
La statuette sur le bureau du Général
Jean Cavaillès est chef d’un réseau de résistance, le réseau Cohors. En février 1943, Il rencontre le Général pour « tenter de le convaincre de renoncer à cette folie centralisatrice qui, selon lui, risquait de compromettre la nature clandestine sur laquelle reposait la sécurité de ces réseaux. » (p.292) et demander des armes. Le réseau ne veut pas intégrer le consile national de la Résistance. dirigé par Jean Moulin.