• Titre original: The Remains of the Day
  • Date de publication: 1989
  • Editeur: Folio
  • Auteur: Kazuo Ishiguro, Prix Nobel de littérature 2017

Après la seconde guerre mondiale, Stevens, majordome en semi-retraite à Darlington Hall, part en voiture voir son ancienne gouvernante Miss Kenton pour tenter de la réembaucher après un échange épistolaire.

Durant son voyage, il se remémore ses meilleurs années au service de son ancien employeur, Lord Darlington. Un propriétaire entre temps décédé et qu’il a toujours servi avec “dignité”.

Il raconte plusieurs scènes ou il a servi son maître lors de grands rendez-vous historiques dans son chateau et nottament une conférence avec des diplomates français, anglais, américains et allemands.

Choqué par la misère et la pauvreté dans laquelle se trouvait l’Allemagne dans les années 30, Lord Darlington veut obliger les français à lâcher du lest sur le traité de Versailles pendant cette conférence.

“J’ai livré cette guerre pour préserver la justice dans ce monde. Pour autant que j’ai compris, je ne participais à une vendetta contre la race allemande.” (p.107) Lord Dallington culpabilise du sort de l’Allemagne et veut les aider à retrouver leur statut car les français dit-il ont “manqué de fair-play à Versailles” et il trouve “immoral de continuer à punir une nation pour une guerre qui [est] maintenant révolue” (p.109). C’est simplement un comportement de gentleman.

Et Mr Stevens se justifie sur son service dans ce passage: “le désir de voir la justice dans ce monde était au coeur de toutes [les] actions” de son maître (p.107).

Un sujet qui revient plusieurs fois dans la conférence c’est le remboursement des dettes anglaises et françaises vis-à-vis des Etats-Unis en cas d’arrêt des dédomagements de guerres allemands. Ce qui tend à montrer que les discussions de la conférence portaient sur les indemnités de guerre issues du traité de Versailles.

Le père de Stevens qui travaille aussi au château décède durant la conférence et Stevens continue malgré tout son service en se disant que c’est ce que son père aurait voulu.

À la fin de cette conférence, le délégué américain Mr Lewis traite Lord Darlington d’amateur qui ne comprend pas comment le monde évolue. Il laisse sous-entendre que les européens sont des amateurs qui ne comprennent pas la vraie nature du régime nazi.

Mr Stevens se remémore aussi le moment ou il a dû congédier sur demande de Lord Darlington 2 femmes de ménages juives pour ne pas opportuner les invités du chateau. Une décision qu’il appliqua tout en la regrettant dans son for intérieur.

L’auteur retranscrit aussi l’avis de Lord Darlington pour se justifier ces actes:

Extraits

“La démocratie convenait à une ère révolue. Le monde est devenu bien trop compliqué pour le suffrage universel et toutes ces histoires. Pour un parlement où les députés se perdent en débats interminables sans avancer d’un pas” (p.276)

“Les années s’écoulent, et rien ne s’améliore. Tout ce que nous faisons, c’est discuter, débattre, tergiverser. Quand une bonne idée se fait jours, on finit par le rendre inopérente à force de la soummettre à d’innombrables commissions chargées de l’amender et de la remanier. Les quelques personne qui savent de quoi elles parlent sont paralysées par les discours des ignorants qui les entourent” (p.277)